Voyages hors des sentiers battus

samedi 24 décembre 2011

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Le "Sri Harmandar Sahib" d'Amritsar, au Pendjab, n’est pas seulement un lieu de culte. Comme tout temple sikh, il comporte un réfectoire et un dortoir où s'arrêtent des visiteurs de tous les horizons. L'occasion d'une plongée dans l'univers des hommes à turbans, à la veille de la célébration de l’anniversaire de Guru Nanak, le père fondateur du sikhisme. Reportage.
Il y a de ces lieux qu'on quitte avec regret. Le Temple d'or d'Amritsar en fait partie. Après avoir vu scintiller puis s'enflammer le lieu saint des sikhs sous la lumière du jour, difficile d'aller rejoindre un troquet fadasse ou une guesthouse déprimante...

Heureusement, dans chaque temple, on trouve une cantine et un dortoir gratuits, ouverts sans distinction d'origine, de religion et surtout de castes. Car la communauté sikh prône l'égalité et le partage. Il n'en faut pas plus pour convaincre les routards de passer la nuit dans le complexe du Temple d'or.

Première étape, un dîner au réfectoire. M.Singh, habitué du lieu, donne le tuyau aux touristes. Sur les bords du bassin sacré, il explique que "bien sûr, il y a une cantine ici" et "qu'on y sert jusqu'à 80 000 repas par jour". Perplexes, ses interlocuteurs se lancent dans des calculs pour vérifier la faisabilité d'une telle entreprise, mais M.Singh révèle le secret de la maison : une "machine à chapatis" capable de produire "10 000 pains par heure".

La cantine sikh, c'est un peu le taylorisme appliqué aux thalis. Dans une ambiance de gare, sous la verrière d'un bâtiment en briques, on y suit les étapes d'une mécanique bien huilée. Un bénévole vous tend une assiette, vous la saisissez au vol, bien vite poussé vers la salle à manger par des pèlerins affamés.

Assis par terre par ordre d'arrivée, on y dîne en tailleur, courbé vers son repas dans une tentative désespérée de manger proprement quand la raideur de ses vertèbres n'y incite pas vraiment. Un jeune homme préposé aux lentilles remplit les assiettes à la louche. Puis vient le moment du dessert, de l'halwa, un mélange de sucre et de semoule. Karen, une Britannique d'une vingtaine d'années, est terrifiée. "Je n'en peux plus", affirme t-elle au responsable du réfectoire. Ferme mais souriant, lui n'en démord pas: "Il faut finir, c'est obligé".

Une fois le repas expédié, chacun rend sa cuillère, son gobelet et suit des yeux l'assiette qui, portée par une chaîne humaine, s'achemine vers l'évier. Après un dernier regard au Temple d'or, il n'y a plus qu'à rejoindre le Guru Ram Das Sarai, qui offre des centaines de lits répartis dans 400 chambres, contre une simple donation.

Il est près de minuit et la cour est encore remplie. Dans un coin à gauche, c'est le foreign dormitory. Chouchoutés par deux grands sikhs aux turbans bleus et à la barbe noire, les étrangers sont logés dans ce qui ressemble à première vue à un dispensaire d'autrefois. Mêmes lits en bois alignés, même odeur de désinfectant à l'ancienne et mêmes ventilateurs qui tournent mollement sur les murs gris-vert.
 
Cosmopolite, la communauté des voyageurs échange des conseils. "Y'a t-il de la neige à Dharamsala ?", s'enquière un Américain auprès d'un Chilien, qui discute en anglais avec une Canadienne. Les lumières s'éteignent vers une heure du matin et commence un demi-sommeil où parviennent toute la nuit des cris d'enfants et des chants religieux.

Au réveil les deux gardes du dortoirs font le compte des effectifs: "C'est aujourd'hui que vous partez ?", demandent-ils aux pensionnaires. Dehors, sacs de voyage sur le dos, un couple de routards attend déjà sa place.
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