Voyages hors des sentiers battus

lundi 26 décembre 2011

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cuba - Cuba, Isla de la Juventud
Plus grande île du pays, après celle de Cuba, l’Isla de la Juventud (île de la Jeunesse) couvre une superficie de 2 200 km2 et compte une population d’environ 90 000 habitants. Au cours des siècles, elle servit de refuge aux pirates et de prison aux détenus cubains, et finalement on lui donna pour vocation de recevoir la jeunesse du monde communiste. Elle offre de très belles plages isolées et des fonds marins spectaculaires. Plus économique que Cayo Largo, elle abrite une population jeune de cœur et sympathique. L’Isla de la Juventud mérite une visite de trois à six jours, le temps de découvrir ses attraits naturels et sa capitale, Nueva Gerona.
ATTRAITS
Un peu d’histoire
L’histoire de l’Isla de la Juventud débute dès juin 1494, alors que Christophe Colomb, lors de son second voyage, aborde cette île qu’il nommera La Evangelista. Cependant, la découverte de peintures autochtones dans des grottes de la région de Punta del Este confirme que les aborigènes y séjournèrent il y a près de 3 000 ans, soit bien avant l’arrivée des Européens. On peut aujourd’hui admirer ces peintures à l’Isla de la Juventud, dans ce qui est considéré comme la «Chapelle Sixtine» de l’art mural autochtone en Amérique.
L’Isla de la Juventud ne fera pas l’objet d’un intérêt particulier pour la Couronne espagnole à l’époque de la colonie. Laissée à elle-même, l’île, qui dispose de réserves d’eau douce, sera convoitée par les pirates qui viendront s’y ravitailler. Ils viendront aussi, dit la légende, y cacher leurs trésors, et, au XVIIe siècle, cette île sera connue sous le nom d’«Île au trésor». Les pirates devront finalement laisser leur île aux mains des Espagnols, qui la coloniseront définitivement à partir de la moitié du XIXe siècle. L’île fera dès lors l’objet d’une attention particulière, alors que les soulèvements indépendantistes font rage à Cuba. Rebaptisée sous le nom de «Reina Amalia Colony», elle ne tardera pas à devenir l’Isla de los Deportados (l’île des Déportés), puisque les Espagnols y envoyaient des prisonniers nationalistes.
Avec l’indépendance cubaine, sous la tutelle des États-Unis, la décision concernant le statut politique de l’île sera remise à plus tard. Plusieurs pensent alors que l’île passera sous le joug des États-Unis; ainsi quelque 300 colons américains viennent s’y installer. Ces derniers ont laissé la marque de leur passage sur l’île, plus particulièrement dans l’architecture de certaines maisons de Nueva Gerona. En 1926, l’île devient officiellement un territoire cubain, et le début de la construction de l’énorme prison Presidio Modelo marque le retour de la vocation carcérale de l’Isla de la Juventud. Il fut même un temps où il y avait plus de prisonniers que d’hommes libres sur l’île! Fidel Castro, pris au piège lors de l’attaque du Cuartel Moncada, fut l’un de ces prisonniers.
L’île porta successivement les noms d’Isla de las Cotorras (île des Perroquets) et d’Isla de los Pinos (île des Pins), puis devint en 1978 l’Isla de la Juventud (île de la Jeunesse). Le gouvernement castriste se montra résolu à peupler cette île et à y mettre en place un modèle unique de socialisme. En perdant sa vocation carcérale, l’île devint une grande école pour des étudiants invités provenant de pays pauvres. Choyé par le régime, cet éden pour la jeunesse du monde échappera à la crise économique du début des années 1990. Fortement approvisionnés en vivres, les habitants de l’Isla de la Juventud évitèrent les pénuries qui sévirent ailleurs au pays. Les principales activités économiques de la région sont la culture des agrumes, principalement le pamplemousse, l’exploitation de mines de marbre, la pêche et le tourisme. La montagne la plus élevée, La Cañada, se dresse à 332 m d’altitude et se prête bien à une excursion d’un jour.
Nueva Gerona et ses environs
La plus grande ville de l’Isla de la Juventud est la tranquille et typique Nueva Gerona. La tardive colonisation de l’île et le passage de nombreux Américains au début du XXe siècle lui ont donné un style architectural West Coast. En s’y promenant, on ne peut s’empêcher de penser à un village de film western, surtout près du port. Au fil des ans, et surtout depuis 1978, alors qu’elle devint un centre d’accueil d’écoliers venus des quatre coins du monde, Nueva Gerona s’est transformée. Elle se présente toujours comme une ville cosmopolite, bien que l’affluence d’étudiants étrangers vers cette région ne soit plus ce qu’elle était.
C’est sous le signe de la jeunesse qu’a été nommé le Parque Central de Nueva Gerona: le Parque Guerrillero Heroíco Ernesto Che, qui rend hommage au guérillero argentin, symbole même de la jeunesse internationaliste cubaine. La place est relativement grande, mais peu intéressante si on la compare à ses homologues du reste du pays. Vous pourrez tout de même y voir l’ancien hôtel de ville, aujourd’hui transformé en école d’économie, et l’ancienne caserne militaire de Nueva Gerona, devenue l’Escuela de Artes (Calle 39).
Une promenade dans la Calle 39, qui porte le nom de José Martí, bien que les insulaires préfèrent l’appeler la Calle 39, vous permettra de découvrir une suite de jolies maisons coloniales. Bien qu’on ne puisse la voir que de l’extérieur, la maison coloniale où siège le Poder Popular (le «Pouvoir populaire»: gouvernement) s’avère particulièrement typique. Aussi, les principaux restaurants de Nueva Gerona montrent leurs plus beaux atours aux voyageurs qui marchent dans la Calle 39. Les maisons abritant les restaurants El Cochinito et El Corderito ont été repeintes, retrouvant ainsi leur beauté d’antan. La qualité de la production culturelle de la petite Nueva Gerona ne cesse d’étonner, et vous serez à même de le constater dans l’enceinte des nombreuses galeries d’art de la Calle 39.
Le Museo de la Lucha Clandestina natal Jesús Montané Oropesa présente une collection d’objets et de photos retraçant l’histoire des préparatifs de la Révolution dans les années 1950, entre autres les activités de la cellule du Movimiento 26 de Julio. Cet établissement culturel mérite une courte visite, question de se familiariser avec le passé politique de l’Isla de la Juventud. Ce musée fut la demeure de Jesús Montané Oropesa, héros révolutionnaire et survivant de l’attaque de la Moncada du 26 juillet 1953.
Tout près du quai d’embarquement pour le traversier, aux abords du Río Las Casas, est amarré le Barco Pinero, le bateau qui a emmené Fidel Castro de l’Isla de la Juventud à l’île de Cuba à la suite de sa libération de prison. Si vous vous y rendez en voiture, prenez garde aux trous dans la chaussée.
À 4 km au nord de Nueva Gerona, en direction de Playa Bibijagua, les ruines de l’ancienne prison Presidio Modelo, construite sous le règne du président Machado entre 1926 et 1931 d’après le modèle d’une prison de Joliet, dans l’État de l’Illinois, aux États-Unis, illustrent admirablement la vocation carcérale de l’Isla de la Juventud. Les lieux se révèlent stupéfiants: les énormes bâtiments ronds de cinq étages ne laissent pas présager, au premier coup d’œil, ce à quoi ils étaient destinés. Vous pourrez pénétrer à l’intérieur d’une des cinq tours et constater les conditions extrêmes dans lesquelles vivaient les prisonniers.
Fidel Castro et ses compagnons d’infortune de l’attaque ratée du Cuartel Moncada, en 1953, eurent de la chance puisqu’ils furent emprisonnés dans l’infirmerie et non pas dans les cellules des tours. C’est de sa cellule que Fidel Castro put faire circuler dans la clandestinité son célèbre texte La Historia me absolverá.
La prison est aujourd’hui en ruine, bien que les toits et les structures principales demeurent en place. Vous pourrez voir les tunnels d’accès au mirador, conçus pour que les geôliers ne soient pas aperçus par les prisonniers. Aujourd’hui, les bâtiments administratifs, à l’entrée du complexe carcéral, ont été transformés en école secondaire. Il s’agit de l’un des endroits les plus curieux du pays, une visite incontournable pour tous ceux qui découvriront l’Isla de la Juventud.
À 3 km au sud-ouest de Nueva Gerona se trouve la Finca El Abra, un musée déclaré monument national exposant des objets personnels de José Martí, l’idéologue et leader de la rébellion qui mena à l’indépendance de Cuba en 1898. José Martí vécut dans cette maison quelques mois au cours de l’année 1870 pour échapper au tumulte politique de l’époque et pour prendre un peu de repos. Le musée mérite une visite, question de découvrir une maison de campagne et de se familiariser avec la vie et l’œuvre de José Martí.
La Fe, un hameau typique, est situé au sud-est de Nueva Gerona. Il s’agit d’un village ayant un charme particulier, fréquenté autrefois pour la qualité de ses eaux thermales. N’hésitez pas à faire un petit détour pour vous y rendre, puis continuez votre route en direction du parc naturel de Punta del Este.
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