Voyages hors des sentiers battus

samedi 24 décembre 2011

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À 200 kilomètres au nord-est de Bombay, Nasik s’étend, nonchalante et animée, sur les berges de la rivière Godavari. 2000 temples, des dizaines de bassins d’ablutions et un climat privilégié : dans cette ville sainte de l’hindouisme, l’Inde urbaine rime avec sereine. Coup de cœur.
"Ville passionnante", avait prévenu le Lonely Planet. Pourtant, la bible des globe-trotters ne s'était pas attardée plus de deux pages sur Nasik. À tort. Cette cité d'un 1,4 million d'âmes, située à 200 kilomètres de Bombay et de Pune, compte parmi les villes saintes majeures de l'hindouisme.
 
Tous les douze ans, elle héberge la Kumbh Mela, l'un des plus grands pèlerinages au monde, à tour de rôle avec Allahabad, Haridwar et Ujjain. Ses ghats se gonflent alors de millions de pèlerins affluant du pays entier. Mais n'attendez pas la prochaine édition de l'événement, en 2015, pour visiter Nasik la sereine.

Les multinationales qui s'y sont installées, Bosch, Renault, Coca Cola entre autres, l'ont bien compris : Nasik, c'est une localisation stratégique à proximité de Bombay et Pune avec la dolce vita à l'indienne. Grâce à sa légère altitude, 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, la ville bénéficie d'un climat sec et tempéré, agréable même pendant la mousson.
 
Cette météo avantageuse lui a d'ailleurs permis de développer une longue tradition de viticulture. "Capitale indienne du raisin", Nasik s'est autoproclamée "capitale indienne du vin" voici quelques années, bien que Pune l'ait récemment devancée en termes de production. À une dizaine de kilomètres du centre-ville, la campagne verdoyante se strie de vignes et l'on se croirait presque en Bourgogne.

Mais c'est au bord de l'eau que Nasik offre ses plus beaux visages, typiquement indiens cette fois-ci. La ville, essaimée de plus de deux milles temples, est traversée d'ouest en est par la rivière Godavari. Dans le quartier de Panchavati, celle-ci déverse ses eaux dans de vastes réservoirs sacrés. Bienvenue à Ramkund. Le lieu, à la physionomie étonnante – des bassins en enfilade qui partent dans plusieurs directions - ne s'oublie pas. Construit à la fin du 17ème siècle, il doit son nom au dieu Rama, qui s'y serait baigné pendant son exil avec sa femme Sita.
 
Les pèlerins viennent chaque jour y procéder à leurs ablutions rituelles. Le soir, le spectacle de leurs prières a quelque chose de si pictural qu'il en paraît presque artificiel. Pourtant, pas un touriste à l'horizon dans ce lieu chargé d'histoire. En 1948, c'est là qu'une partie des cendres du Mahatma Gandhi fût dispersée en présence de Nehru, alors Premier ministre.

Autour de Ramkund se déploie un marché de primeurs, qui semble lui aussi créé par un artiste amoureux des images éclatantes de l'Inde. Des montagnes de tomates de deux mètres sur deux, des pigments de couleurs tassés en pyramides à vous faire cligner les paupières et tout un éventail de légumes impossibles à cuisiner s'exposent au hasard des allées. Plus haut, le bazar prend possession des rues, vivantes sans être encombrées, commerçantes sans cette frénésie quasi-apocalyptique des grandes villes indiennes.
 
Pour finir, on aurait aimé vous parler des mini-chutes d'eau de Someshwar, un peu à l'écart de la ville, au pied d'un écrin de petits temples aux couleurs de bonbons. On espère que vous irez vous-même y tremper vos orteils, parce que nous, on veut déjà y retourner.
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