Voyages hors des sentiers battus

samedi 31 décembre 2011

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irlande lile accueillante - Irlande, l'île accueillante
On rêve tous d’une Irlande verdoyante et mythologique, de cottages aux toits de chaume et de pubs où règnent la musique, l’esprit et la poésie. Mais l’Irlande est aussi chargée d’une douloureuse et complexe histoire qui a parfois donné de l’île une image moins idyllique. La bonne humeur des Irlandais fera cependant toujours de l’île d’Émeraude l’un des lieux les plus accueillants qui soient. L’Irlande est, du moins pour le moment, une île divisée car l’histoire et la religion ont créé deux communautés ennemies, celle du Nord et celle du Sud. Cependant, le cessez-le-feu de l’IRA, en 1997, et l’accord du Vendredi saint qui a suivi ont ravivé l’espoir. John Hume, du SDLP, et David Trimble, du parti unioniste de l’Ulster, ont tous deux reçu le prix Nobel de la paix, et la première assemblée d’Irlande du Nord s’est tenue le 1er juillet 1998. Plus que beaucoup d’autres pays, l’Irlande a connu sa part de guerres et de désastres, notamment la Grande Famine entre 1845 et 1848. Depuis lors, la pauvreté et l’immigration ont marqué l’histoire nationale. Les États-Unis comptent plus de descendants d’Irlandais que l’île elle-même. Les souffrances endurées lors de la lutte pour l’indépendance restent aussi gravées dans la conscience collective avec ses martyrs, ses héros et son égérie, Cathleen ni Houlihan, l’héroïne de la pièce de William Butler Yeats, qui inspira tous les jeunes prêts à se sacrifier.
En dépit du passé, l’île saura trouver son unité grâce à sa population jeune et instruite – en république d’Irlande, par exemple, 40% de la population a moins de 25 ans. Hier déchirés, aujourd’hui citoyens de l’Union européenne, les Irlandais du Nord et du Sud travaillent pour leur avenir commun.
Le sud-est de l’Irlande
En raison de son climat, le plus agréable d’Irlande, le Sud-Est attire toujours nombre d’insulaires et de touristes. Des siècles d’agriculture ont lentement modelé les terres et les collines verdoyantes de cet aimable paysage. Forteresse médiévales et vastes demeures rehaussent encore la beauté de cette région prospère.
Par sa proximité géographique avec la Grande-Bretagne, le Sud-Est fut souvent la première étape des divers envahisseurs. Les Vikings y débarquèrent au IXe siècle. Ils fondèrent Wexford et Waterford, qui comptent parmi les plus vieilles villes d’Irlande. En 1169 arrivèrent à leur tour les Anglo-Normands qui développèrent considérablement la région.
Étant donné son importance stratégique, le Sud-Est était âprement défendu par les seigneurs anglo-normands fidèles à l’Angleterre. Ils érigèrent d’imposants châteaux, comme ceux des Fitzgerald de Kildare et des Butler de Kilkenny. Ces deux familles se partagèrent la région pendant tout le Moyen Âge. L’influence anglaise fut plus forte ici que dans le reste de l’île. À partir du XVIIIe siècle, de riches familles anglo-normandes s’établirent dans ce qu’elles pensaient être un endroit sûr. Elles se firent bâtir de somptueuses demeures, telles les villas palladiennes de Russborough et de Castletown. Mais la domination anglaise n’était pas du goût de tout le monde. Les Wicklow Mountains devinrent, en ces périodes d’occupation, le refuge des opposants à la Couronne. Parmi eux se trouvaient des révoltés qui fuirent Enniscorthy après le soulèvement de 1798.
Cette région montagneuse est restée sauvage. Elle contraste avec les terres cultivées qui s’étendent à l’ouest à travers le Kildare. À l’est, des plages de sable bordent toute la côte entre Dublin et Rosslare dans le Wexford.
Le Cork et le Kerry
Depuis l’époque victorienne, les touristes se sont pris de passion pour cette région où les vagues de l’Atlantique viennent se briser sur des promontoires rocheux. La nature sauvage du comté de Kerry sert d’écrin à de nombreux monuments dont certains datent du début de la christianisation. Les paysages du comté de Cork sont aimables. De nombreux visiteurs sous le charme s’y sont établis définitivement.
Killarney et ses lacs romantiques attirent toujours les visiteurs, tout comme la côte du Cork. Pourtant, le reste la région, remarquablement préservée, vaut aussi le voyage. Dans certains villages, on parle toujours irlandais et les traditions restent vivaces, notamment grâce aux artisans. Ce coin de l’Irlande fut longtemps le lien avec le continent. Au XVIIe siècle, la France et l’Espagne menaçaient d’envahir l’île. Pour se défendre, les Anglais bâtirent alors une série de forts sur la côte du Cork, dont Charles Fort à Kinsale.
Au XIXe siècle, la ville de Cork vit partir des flots d’Irlandais fuyant la famine. Avec Cobn, c’était le principal point de départ pour le Nouveau Monde. Le port de Cork n’est plus aussi important. Néanmoins, cette ville, tournée vers la vie culturelle, reste la deuxième de la république d’Irlande.
L’esprit rebelle du Sud-Ouest est sans aucun doute la conséquence de la pauvreté et du tempérament des habitants. La région fut le théâtre de luttes sanglantes lors de la guerre d’indépendance, puis de la guerre civile. En 1920, le centre de Cork fut incendié par les terribles Black and Tans.
Le Kerry fut surnommé «le royaume» en raison de son mépris des lois imposées par Dublin. Les Irlandais reconnaissent la spécificité du Kerry. Ses habitants savent profiter pleinement de la vie. Ils font aussi l’objet d’innombrables plaisanteries.
En plus de la chaleur de ses habitants, cette région offre de splendides paysages. Le Cork est fier de ses vallées verdoyantes et de sa côte dentelée. Le Kerry est plus sauvage et plus montagneux. Les îles au large du Kerry semblent inhospitalières, mais en fait nombre d’entre elles furent habitées à une époque ou à une autre. Skellig Michael, par exemple, abritait un monastère au VIe siècle.
Le nord-ouest de l’Irlande
Falaises vertigineuses, plages de sable doré et promontoires rocheux dessinent la côte du Donegal. Ses panoramas extraordinaires sont parmi les plus sauvages d’Irlande. Au sud s’étend le comté de Sligo, fier de ses sites préhistoriques et celtiques. La nature qui leur sert d’écrin inspira le poète W.B. Yeats. Le Leitrim, en revanche, est un calme pays de canaux et de lacs immobiles.
Dans la mythologie celte, le Sligo était le fief de la reine Maeve du Connaught. Ses divers sites préhistoriques montrent que ce comté était fortement peuplé par les Celtes. Par la suite, le Sligo et le Leitrim semblent avoir été épargnés par les événements qui affectaient le reste de l’Irlande. Les Normands, par exemple, n’eurent que peu d’influences sur les clans gaéliques qui régnaient sur la région.
Quant au Donegal, il marqua l’histoire de l’Ulster dont il fit partie jusqu’en 1921. Au Moyen Âge, le Donegal était contrôlé par les O’Donnell. Mais ceux-ci, après avoir été vaincus par les Anglais, comme les O’Neill, fuirent en Europe en 1607. Des colons protestants s’établirent alors sur les terres confisquées à ces deux clans, en laissant la plupart du Donegal aux natifs d’Irlande, car le sol était très pauvre. Isolé du reste de l’Ulster, le Donegal resta majoritairement catholique. En 1921, lors de la partition, il fut d’ailleurs exclu de la nouvelle Irlande du Nord protestante.
Pourtant, par son histoire et sa géographie, le Donegal se distingue des autres comtés de la république d’Irlande. Envahi de tous côtés par la mer et les montagnes, c’est l’un des endroits les plus retirés d’Irlande. Ce n’est donc pas un hasard si le gaélique y est plus parlé qu’ailleurs.
Si la beauté du Donegal tient à son rivage, celle du Sligo vient de l’intérieur, des terres cultivées proches du Lough Hill et des Bricklieve Mountains presque inhabitées.
Le Centre
Le Centre (Midlands) est le berceau de la civilisation irlandaise, la demeure spirituelle des Celtes où furent érigés des monuments sacrés hautement symboliques. La région est assez méconnue, et pourtant les pâturages, les tourbières et les lacs révèlent nombre de croix celtiques, d’abbayes normandes et de châteaux néo-gothiques.
Très fertile, la vallée de la Boyne dans le comté de Meath fut habitée dès l’âge de la pierre. C’était la région la plus peuplée de l’île, comme le prouvent les nombreux édifices que les habitants laissèrent derrière eux, dont Newgrange, la plus belle tombe néolithique d’Irlande. Puis vinrent les Celtes qui s’établirent plus au sud, sur la colline de Tara, le siège des rois suprêmes d’Irlande. Tara devint la capitale politique et spirituelle des Celtes qui atteignit son apogée au IIIe siècle, pour ne commencer à décliner que vers 1100 quand les Normands envahirent l’Irlande.
Les châteaux normands, notamment la forteresse de Trim dans le comté de Meath, témoignent du déplacement des frontières du Pale. Cette région sous domination anglaise incluait presque tous les comtés du Centre à la fin du XVIe siècle.
En 1690, la vallée de la Boyne fut le théâtre d’une bataille entre catholiques et protestants, dont ces derniers sortirent vainqueurs.
Depuis 1921, le Monaghan et le Cavan font partie de la république d’Irlande, mais des siècles durant ils ont appartenu à l’Ulster avec lequel ils ont gardé des liens très étroits. Des collines arrondies ou «drumlins» donnent du relief à ces deux comtés.
Prairies, tourbières et lacs forment le décor du Centre, mais la chaîne des Slieve Bloom Mountains et la presqu’île de Cooley baignée par l’océan enchantent aussi les promeneurs. Outre les sites historiques du Meath, la région est dotée de monastère comme Fore Abbey et Clonmacnoise. Ce dernier compte parmi les principaux sites chrétiens d’Europe.
L’Irlande du Nord
Chaque période de l’histoire a laissé en Irlande du Nord des monuments nichés dans les baies ou au bord des lacs. Malheureusement moins visitées autrefois que la république d’Irlande à cause des conflits qui s’y déroulaient, elle semble enfin recevoir l’attention qu’elle mérite depuis les récents mouvements en faveur de la paix.
La province d’Irlande du Nord fut créée après la partition de l’île en 1921. Ses six comtés (ainsi que le Donegal, le Monaghan et le Cavan) faisaient partie de l’Ulster, l’un des quatre royaumes traditionnels de l’Irlande. C’est probablement là que le christianisme remplaça en premier le paganisme celtique. Dès 432, saint Patrick atteignit Saul, dans le comté de Down, juste avant de fonder une église à Armagh, qui reste la capitale spirituelle de l’Irlande.
Le pouvoir politique appartenait alors au clan Uì Néill. Leurs descendants, les O’Neill, s’opposèrent farouchement à la conquête britannique à la fin du XVIe siècle. Hugh O’Neill, comte de Tyrone, remporta quelques victoires contre les armées d’Élisabeth Ire. Mais il fut battu en 1607 et se réfugia en Europe avec d’autres seigneurs irlandais lors de la «fuite des comtes». Leurs domaines, donnés à des particuliers et à des entreprises, furent peuplés de protestants anglais et écossais. De nombreuses villes de plantations, comme Londonderry, ont gardé leur plan du XVIIe siècle centré autour d’une place ou «diamant». L’arrivée de nouveaux colons marginalisa un peu plus les Irlandais. Ainsi s’ouvraient quelque 400 ans de conflits.
Dans le calme relatif du XVIIIe siècle, les nobles anglo-irlandais firent bâtir des demeures comme Mount Stewart House sur Ards Peninsule ou Castle Coole près d’Enniskillen. L’Ulster prospéra au XIXe siècle grâce à ses chantiers navals et à ses fabriques de lin.
Les environs de Belfast sont fortement peuplés et industrialisés. Le reste de la région est principalement agricole. Ses paysages sont aussi extraordinaires que variés, avec la superbe côte dentelée d’Antrim près de la Chaussée des Géants (Giant’s Causeway), les vertes montagnes de Mourne dans le comté de Down et les lacs paisibles de l’Ouest.
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