Voyages hors des sentiers battus

samedi 24 décembre 2011

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Premier village « propre » du Meghalaya, Mawlinglong et ses habitants font découvrir la culture de la communauté khasi et les arbres-ponts, ces trésors naturels bien préservés. Une jungle digne de la saga du Seigneur des anneaux.
Les lecteurs de Tolkien peuvent se réjouir : il existe en Inde un lieu où les mythes de l'écrivain britannique ont pris forme. Au Meghalaya, renommé bien souvent "la petite Ecosse de l'Inde" le voyageur a accès à des paysages de légendes, au milieu de la jungle tropicale. Soutenu par plusieurs associations écologiques et touristiques, au sein du Forum pour le développement de l'écotourisme au Meghalaya, le village de Mawlinglong, 80 âmes, à quelques kilomètres de Cherrapunji, a développé un tourisme propre, où les villageois se sont investis dans la réappropriation de leur patrimoine naturel. Cascades enchanteresses, légendes de feux follets, d'âmes vagabondes ou d'esprits malicieux nourrissent la jungle.
Les arbres-ponts, non loin du village, attendent leurs visiteurs. Ces arbres gigantesques, parfois âgés de deux cents ans, ont des racines qui se nouent entre elles. Au fil des ans, les habitants les ont fait pousser, créant ainsi une passerelle appropriée, au-dessus des ruisseaux aux flots parfois tumultueux et dangereux. "Les arbres-ponts" existent même au plus profond de la forêt, à en croire, Jo, jeune guide habitant Mawlinglong.
Son village propose ainsi au visiteur un séjour dans une guest-house complètement en bois, perchée sur pilotis. Le reste du village respecte l'architecture traditionnelle, en bois et en bambou, et essaie de donner l'exemple aux alentours. La nuit coûte 3000 roupies (46 euros) pour quatre personnes, une somme considérable pour la région. "Nous avons choisi d'imposer des prix élevés car nous ne voulons pas d'un tourisme de masse, qui ne serait pas vraiment intéressé par les conditions de vie, l'authenticité des lieux", explique Deepak Laloo, coordinateur et fondateur de ce projet.
Le village s'est peu à peu ouvert aux touristes locaux. Il est rapidement devenu une attraction pour les jeunes couples et groupes d'étudiants. « Ces derniers viennent en bus aux stéréos beuglantes et ne respectent pas la présence des multiples poubelles dans le village", déplore Deepak. "Nous allons devoir être plus sévères avec ce type de visiteurs : ils n'essayent pas de comprendre nos objectifs et viennent juste pour faire la fête. C'est pourquoi nous avons banni l'alcool de nos villages, mais en même temps cela permet aux locaux de mieux connaître leur patrimoine".
Auparavant, Mawlinglong vivait principalement d'agriculture et de cueillette. Mais depuis peu, le tourisme apporte un revenu supplémentaire de plusieurs centaines de roupies par tête. Selon Deepak Laloo, le revenu moyen du village augmente de 15% par an grâce au tourisme.
"Notre village comme beaucoup d'autres dans cette région avait développé une culture intensive des roseaux fournissant l'Inde en balais. Cela a profondément modifié une partie de notre écosystème. Nous essayons aujourd'hui d'avertir notre communauté sur les problèmes de biodiversité, de culture unique et de conservation de la flore de cette région", explique Jo. Lui-même considère son travail de guide comme une opportunité : "Je pensais me rendre à Shillong pour trouver du travail. Mais maintenant je rends un service à ma communauté. Les jeunes d'ici sont leurrés par de l'argent facile, comme la drogue qui circule dans la région, ou alors ils rejoignent les rangs de militants séparatistes locaux. J'espère que désormais d'autres suivront mon exemple".
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