Voyages hors des sentiers battus

mercredi 28 décembre 2011

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russie - La Russie éternelle par ses fleuves
© CLAUDE BÉDARD/AGENCE QMI
Une des plus belles écluses du voyage, celle d’Ouglitch.
Une musique de type militaire retentit. Comme à chaque appareillage, c’est le signal du départ du M/S Tchaïkovski, notre navire de croisière russe qui, au cours des prochains 2000 kilomètres, sillonnera les fleuves Neva, Svir et Volga ainsi que les immenses lacs Ladoga et Onega. Ce périple passionnant de 12 jours nous fera découvrir des villes et villages historiques avec leurs trésors cachés, à partir de Saint-Pétersbourg, la «Venise du Nord», jusqu’à la capitale de toutes les Russies, Moscou. À une époque où tout va trop vite pour découvrir le monde, ce voyage par les voies fluviales nous permettra de prendre conscience en toute tranquillité de l’immensité de ce pays mythique et d’en apprécier les beautés insoupçonnées.
La lumière du soleil de minuit – nous sommes en juillet - s’étend sur un paysage infini dans lequel s’enfonce notre navire qui ronronne en toute quiétude. Nous sommes à quelques centaines de kilomètres du cercle polaire et pourtant, la nuit qui tombe nous enveloppe d’une douce moiteur.
Le voyage s’amorce par cette voie fluviale qui demeure encore aujourd’hui le moyen privilégié pour relier la Russie des tsars, Saint-Pétersbourg, à la Russie moderne, Moscou, notre destination finale.
Il faut souligner que la construction de canaux aux multiples écluses permettant de relier par voie d’eau les deux grandes métropoles date d’à peine un siècle. Et jusqu’en 1998, il était absolument interdit aux étrangers d’emprunter cette route pour des raisons stratégiques. Aujourd’hui, c’est l’enfant chéri des croisières en Russie. Le panorama fabuleux qui défile sous nos yeux rappelle par ailleurs, sous bien des aspects, les paysages de chez nous, avec ces maisonnettes de bois coquettes, entourées d’épinettes et de bouleaux blancs, qui bordent le rivage.
La Venise du Nord
Reconnue comme une des plus belles villes du monde, célébrée par les poètes, écrivains et musiciens, Saint-Pétersbourg (qui s’appelait Leningrad durant le régime communiste) étonne par toutes les couleurs pastel qui ornent les principaux édifices de la ville. Créée de toutes pièces par le tsar Pierre le Grand au début du 17e siècle, cette métropole du nord-est en fait constituée de 42 îles reliées entre elles par 342 ponts dont les principaux sont levés durant la nuit pour laisser les navires circuler.
Comme Paris, c’est une ville qui se laisse apprivoiser, mais il faut y prendre son temps, car il y a tant à faire. Pour se déplacer d’un quartier à l’autre, son métro, le plus profond du monde, est très facile à utiliser même pour des touristes, à condition de faire attention au nom des stations, écrit en caractères cyrilliques.
Parmi les nombreux monuments à visiter, il faut citer en premier lieu le Musée de l’Ermitage, fondé par l’impératrice Catherine II, qui renferme trois millions d’œuvres et qui vaut à lui seul le voyage. Un véritable labyrinthe constitué de 700 chambres! Il vaut mieux avoir un guide.
À ne pas rater également la forteresse Pierre-et-Paul et le Palais Youssoupov. Et puis, il faut absolument folâtrer sur la «Perspective Nevski», l’artère centrale de la cité où jeunes et moins jeunes se donnent rendez-vous de jour comme de nuit. Si le cœur vous en dit, vous pouvez faire une balade sur les canaux de la ville et admirer au passage la célèbre église du St-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, haute en couleur.
Aux environs de la ville, il faut absolument visiter le «Versailles-sur-Mer» dont les travaux d’embellissement ont duré deux siècles! On considère que Peterhof, c’est son nom, surpasse en grandeur, en beauté et en ingéniosité le Château de Versailles, orgueil des rois de France. Le palais Catherine, lui aussi en banlieue, est aussi une splendeur d’architecture.

Disneyland au cœur de la Carélie
On nous avait prévenus. Il n’y a plus que 150 habitants dans le village de Mandrogui, démoli pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais 150 habitants, artisans, musiciens, bâtisseurs, farouchement résolus à faire revivre leur village reconstruit en 1996 sur les bases de l’ancien. Les visiteurs, dont le bateau vient de faire escale après une nuit à naviguer sur la Svir, s’en font mettre plein la vue! Devant leur détermination, le gouvernement a même fait réapparaître leur municipalité sur la carte de la Fédération de Russie. Musée de la vodka, ferme d’élevage de cailles et de lapins, nombreux magasins d’artisanat, isbas très colorées, rien n’est vraiment authentique, mais tout est si joli et les gens si sympathiques que nous sommes prêts à jouer le jeu dans ce mini Disneyland coloré à la sauce russe.
En passant, on nous dit qu’il faut être trois pour vider une bouteille de vodka, pas plus, pas moins. Est-ce ça la fameuse «troïka» dont on nous parle tant? Même le premier ministre Poutine a succombé à son charme et s’est fait potier, l’espace de quelques heures, pour créer une jolie matriochka toujours exposée dans une vitrine du marché artisanal.
Une cathédrale de bois
Une des plus belles surprises de la croisière nous attend au petit matin au cœur de l’immense lac Onega dans le Grand Nord russe. Sur la petite île de Kiji, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, trône majestueusement la magnifique cathédrale de la Transfiguration construite en bois, sans un seul clou, en 1714.
Surmontée de 22 bulbes recouverts de 30 000 tuiles en bois de tremble argentées, elle arbore un aspect mystérieux et on dit que de nombreux mythes l’entourent. Miroitant sous la lumière du jour, cette « huitième merveille du monde » est absolument fascinante et il est difficile de porter votre regard ailleurs tant elle vous mystifie par ses formes et son originalité. Elle domine d’ailleurs tout le paysage de l’île.
Yaroslavl la funeste
Après avoir atteint Goritsy, perché sur la rive de la Cheksna, une visite s’impose à l’émouvant monastère Saint Cyrille du lac Blanc, où on exilait jadis les femmes des grandes familles russes qui tenaient trop tête à leur mari et seigneur… Nous naviguons ensuite sur la Volga, ce fleuve mythique présent dans le cœur russe, en empruntant l’immense réservoir de Rybinsk, qui nous mène vers Yaroslavl.
Fondé il y a plus de mille ans, ce bijou de l’anneau d’Or est renommé pour la grande beauté de son architecture religieuse et de ses fortifications, témoignages de son glorieux passé.
Depuis septembre dernier, cette séduisante cité de 650 000 habitants a vu son nom s’étaler dans les médias du monde entier suite à la funeste tragédie de son équipe professionnelle de hockey de la KHL, entièrement décimée lorsque leur avion s’est écrasé au décollage dans la Volga à quelques centaines de mètres de la ville.

Avant dernière étape de notre voyage, Ouglitch se présente à nous comme une petite ville de province calme et charmante. Le temps s’écoule doucement dans cet endroit dont le passé cache pourtant de terribles événements. C’est en effet ici qu’on a assassiné Dimitri, le fils cadet d’Ivan Le Terrible, ce qui conduira plus tard à l’occupation polonaise dont elle ne s’est jamais remise, dit-on. Le célèbre opéra «Boris Godounov» s’inspire d’ailleurs de cette troublante histoire.

Le café de chez Pouchkine
Le navire glisse silencieusement sur la Moskova et l’étoile rouge de la tour du port d’arrivée paraît à l’horizon. Notre croisière s’achève dans la chaleur moite de Moscou, capitale moderne de la Russie depuis Lénine et ville la plus peuplée d’Europe avec ses 11 millions d’habitants.
Sur la place Rouge m’attendait mon guide Nathalie… Non la muse de du chanteur Gilbert Bécaud n’y était plus, mais il est maintenant possible de prendre un café chez Pouchkine, à Moscou… 40 ans après que Bécaud l’ait rendu célèbre! En effet le café n’existait pas à l’époque où a été composée la chanson, mais les guides, fatigués de se faire demander par les touristes de les guider jusqu’à cet endroit mythique, ont provoqué sa construction et il est toujours aussi demandé aujourd’hui.
Il faudrait des pages pour décrire tout ce que recèle Moscou, tant cette capitale est riche. Bien sûr, on ne peut éviter de visiter la célèbre place Rouge et le Kremlin (qui signifie forteresse en russe), immense lieu d’où tous les dirigeants du pays ont élu domicile depuis des siècles.
Connue du monde entier, la cathédrale de Basile-le-Bienheureux, recouverte de bulles multicolores partage les lieux avec le mausolée de Lénine, qu’on peut toujours visiter, et le «magasin universel» Goum, comme se plaisaient à l’appeler jadis les Soviétiques. C’est ici que les impressionnantes parades militaires se déroulent en novembre de chaque année.
Le Kremlin, qui est en quelque sorte le cœur de l’empire russe, est maintenant ouvert au public. Une visite qu’il ne faut surtout pas rater, notamment la place des Cathédrales! Autres points d’intérêt incontournable, le quartier Arbat avec ses restos, cafés et boutiques rappelant d’une certaine manière le quartier St-Germain à Paris et le métro de Moscou, dont la fameuse ligne circulaire numéro 5, est d’un luxe et d’une splendeur à rendre jaloux le métro de Montréal.
Et finalement, rien de tel pour terminer cette agréable croisière à travers les voies d’eau de la Russie éternelle qu’une soirée au théâtre Bolchoï. Une représentation du légendaire corps de ballet rappelle, par sa légèreté et sa grâce, les beautés et la sublimité des découvertes faites au fil de ces 2000 kilomètres de voyage maritime.
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