Voyages hors des sentiers battus

mercredi 28 décembre 2011

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Meknès, le Versailles du Maroc
Photos: palais d'hôte et vue sur la ville © Journal de Montréal
Contemporain de Louis XIV, dont il se disait l’égal, Moulay Ismaïl entreprit d’édifier à Meknès une capitale à la mesure de la grandeur de son royaume. Il en résulta une formidable cité triplement fortifiée, dotée de portes et d’équipements gigantesques. Meknès, que le souverain préféra à Fès pour pouvoir mieux gouverner, dit-on, devint sous son règne (fin du XVIIe, début du XVIIIe siècle) un chantier de taille pharaonique. Une triple muraille, admirablement conservée, protège la ville. Dans la médina, au sein de la première enceinte, tout comme aujourd’hui, vivait et travaillait le petit peuple de commerçants et d’artisans.
La deuxième constituait le secteur réservé aux soldats de la garde. Au cœur de la cité, la dernière muraille protégeait le palais royal et ses dépendances.
Ces ouvrages défensifs extérieurs totalisent 25 kilomètres de remparts, de bastions et de portes dont certaines, monumentales et richement décorées comme la célèbre Bab Mansour, servaient en ce temps-là à signaler aux visiteurs toute la grandeur et toute la prospérité du royaume.
Meknès mérite qu’on passe dans la ville plus d’une journée, tant les monuments sont exceptionnels et la vie quotidienne y est intense.
La place El-Hédime, située au centre, entre la médina et la cité impériale proprement dite, constitue un point de rassemblement. À certaines heures du jour, l’animation y est surprenante.
L’ancienne ville
Du palais de Moulay Ismaïl, il ne reste aujourd’hui qu’une mosquée. Il se composait par ailleurs de 20 pavillons isolés surmontés de tours carrées. Un millier d’eunuques noirs en formaient la garde rapprochée. Le mausolée de Moulay Ismaïl, par contre, se visite.
Les dépendances du palais donnent une idée de la puissance qu’incarnait le souverain.
Au sous-sol d’un ancien pavillon destiné à recevoir les hôtes de marque étrangers, on avait aménagé des silos (rendus inaccessibles en raison d’un tremblement de terre) où étaient enfermés les captifs de guerre qui pouvaient atteindre les 40000 individus, dit-on.
Des greniers gigantesques servaient à entreposer les céréales. À présent, on les utilise pour des tournages de films.
D’immenses écuries couvrant 40 000 mètres carrés pouvaient héberger 12 000 chevaux. On dit qu’il a fallu mettre 60 000 prisonniers au travail durant une vingtaine d’années pour réaliser ces ouvrages.
Le système d’adduction d’eau, à partir de l’Atlas distant d’une quinzaine de kilomètres, était tout aussi impressionnant.
Des norias, actionnées par des chevaux, servaient à puiser l’eau dans une dizaine de citernes de 40 mètres de profondeur.
De plus, un bassin, d’une superficie de 4 hectares, servait à fournir de l’eau au palais, et en particulier à alimenter les bains des quelque 600 concubines qu’on prêtait au souverain.
Créés sous le protectorat français, les haras de Meknès entretiennent aujourd’hui 450 chevaux, dont les plus beaux spécimens d’étalons de race pur-sang arabe ainsi que berbère.
Une médina très animée
Dans la médina, le Dar Jamaï, ancien palais de vizir, abrite un intéressant Musée des arts marocains où figurent des collections de céramique, de tapis, de vêtements, de bijoux, de portes et coffres en bois, des pièces d’orfèvrerie et de damasquinerie.
La médersa Bou Inania, école coranique construite au XIIe siècle (à présent à l’abandon) témoigne de la maîtrise des artisans de l’époque.
Les artisans du temps présent, eux, travaillent à même les ruelles ou dans des ateliers ouverts dans la médina. Ils accueillent le visiteur curieux avec le sourire. Les tailleurs, par exemple, exécutent tous leurs travaux manuellement, au terme d’un apprentissage qui dure sept ou huit ans…
Sur l’une des places de la médina, au souk berbère, chaque après-midi se déroule une vente aux enchères où des personnes venues pour cela à la ville proposent au plus offrant tissages, tapis et autres produits confectionnés à la maison.
Avec de tels attraits, Meknès mérite donc qu’on y passe plusieurs jours, le temps d’aller et de venir, de profiter des surprises que réserve une cité si bien dotée et si animée.

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