Voyages hors des sentiers battus

mercredi 28 décembre 2011

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Les joyaux de la Turquie
© Courtoisie
La cour intérieure du caravansérail Saruhan, à Avanos, en Cappadoce.
Pour ce qui est du style, ils ressemblent à de véritables palais. Pour ce qui est de l’usage, ils servaient jadis d’auberges, accueillant les humains et leurs animaux de bât et de selle. Les caravansérails qui jalonnent le territoire turc sont de véritables joyaux historiques. Le mot provient de la langue perse et signifie justement «palais des caravanes». En turc, ce genre de construction se dit han, terme que l’on retrouve dans nombre de noms de lieux.
Les caravansérails, dans les temps anciens, jalonnaient les routes qu’empruntaient les caravanes de commerçants. Ils étaient judicieusement implantés, à quelques dizaines de kilomètres les uns des autres, de façon à pouvoir garantir chaque soir le gîte et le couvert aux voyageurs et à leurs animaux, et la sécurité aussi, ainsi qu’à leurs marchandises.
Auberges fortifiées
Ces besoins essentiels expliquent la conception même du caravansérail. Un haut mur en définit l’enceinte. L’unique porte se trouve intégrée à une structure massive servant de poste de guet et éventuellement de défense.
Autour de la grande place intérieure sont aménagées des salles ayant chacune son usage: salle à manger, dortoirs, écuries, réserve de fourrage et entrepôts de marchandises. La centaine de caravansérails qui subsistent sur le territoire de la Turquie ont été construits entre le XIe siècle et le XVIIe siècle. Chacune de ces constructions reflète le style architectural en vogue à chacune des périodes. Pour en avoir visité quelquesuns, je peux affirmer que l’on ne lésinait pas sur la qualité des matériaux. On construisait en pierre, solidement et dans une optique durable et inattaquable. Cette recherche de la solidité et de la sécurité des lieux n’excluait toutefois pas le souci d’esthétique. Pierres et boiseries sculptées ornent les portes, comme un affichage permanent visant à séduire les voyageurs.
Vocation touristique
Propriété de l’État turc, les caravansérails font l’objet depuis plusieurs années de travaux de rénovation. En général, ce sont des promoteurs privés, ayant fait approuver leur projet et ayant obtenu un bail, qui effectuent les travaux de restauration sous le contrôle des autorités gouvernementales.
Les caravansérails sont ainsi redevenus accessibles aux visiteurs. Quelques-uns seulement ont été convertis en hôtels de luxe. D’autres ont été aménagés en restaurants ou cafés. D’autres encore accueillent des événements ponctuels, comme des séances où se produisent des derviches tourneurs. Le magnifique Saruhan, datant de 1240, situé à Avanos, entre Kayseri et Aksaray, en Cappadoce, témoigne éloquemment de «la qualité internationale du produit touristique» (comme dit le jargon du marketing d’aujourd’hui)… il y a des siècles et des siècles. On ne peut que regretter que les caravansérails turcs qui sont redevenus accessibles au public dans l’ensemble du pays ne fassent pas partie d’un réseau unique, ce qui les rendrait plus faciles à dénicher pour les visiteurs.
Ailleurs aussi
Le concept du caravansérail existe sur l’ensemble de la Route de la soie, de la Turquie jusqu’en Chine. Les Turcs, qui ont régné sur une partie du monde méditerranéen à l’époque de l’Empire ottoman, ont étendu ce concept d’auberge pour les caravanes de voyageurs jusqu’aux pays du Maghreb.
La vieille ville de Fès, au Maroc, en particulier, possède un superbe caravansérail (en arabe fondouk), à présent restauré et converti en centre d’artisanat.
Sur les pas de Marco Polo
Le plus célèbre des voyageurs à avoir jadis emprunté en totalité la Route de la soie, itinéraire menant des confins de la Méditerranée à la Chine, s’appelle Marco Polo. Marco Polo (1254-1324) était le fils d’un marchand de Venise. À l’âge de 20 ans, il partit vers la Chine en compagnie de son père et de son oncle. Il y demeura dix-sept ans au service de l’empereur mongol, pour le compte duquel il effectua diverses missions en Chine et dans les pays de l’océan Indien.
Selon les historiens, cette route commerciale est née au 3e siècle avant notre ère et fut empruntée par les caravanes jusqu’au 16e siècle. La découverte des routes maritimes permettant de relier l’Europe et la Chine allait entraîner le déclin de cette liaison terrestre longue de plus de 8000 kilomètres. De plus, le conflit entre chrétiens et musulmans sur la propriété des lieux saints allait affecter le commerce au Proche-Orient.
Comme tous les grands axes de communication, cette route majeure entre Orient et Occident a contribué à mondialiser l’espace terrestre. Des marchandises changeaient de mains. L’une des plus convoitées à une certaine époque en Occident où elle était inconnue, la soie.
La route de la soie
La Route de la soie, au départ de la Chine, traverse les pays suivant: Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Iran, Irak, Syrie, Turquie, pour aboutir en Europe. Des connaissances ont été transférées de part et d’autre. De la Chine, les Occidentaux ont rapporté bien des découvertes. Des idées ont circulé le long de cet axe commercial. Des croyances et des religions se sont répandues de part et d’autre. Selon l’UNESCO, «l’enrichissement et le progrès technologique qui en résultaient, ont fortement contribué à l’épanouissement et à l’évolution des civilisations».
Le projet de l’UNESCO, intitulé «Étude intégrale des Routes de la soie: Routes de dialogue» (1988-1997), s’est penché sur les différentes formes de contact et d’échange qui ont eu lieu le long de ces routes.
Pour plus d'informations: www.culture-timouride. com/programme-unescoroutes- de-la-soi

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Repères




  • Il subsiste à travers la Turquie une centaine de caravansérails datant d’une période allant du XIe siècle au XVIIe siècle. Ces lieux d’hébergement constituaient jadis les auberges où les caravanes faisaient étape sur la Route de la soie.




  • Propriété de l’État, certains de ces joyaux architecturaux ont été restaurés et convertis en lieux d’animation culturelle, en hôtels ou encore en restaurants ou cafés.




  • L’exploitation touristique des caravansérails a été confiée à des privés.




  • Dans la station balnéaire de Kusadasi, sur la côte égéenne, le Club Caravansérail est un hôtel de charme comprenant 26 chambres, à une centaine de mètres du port. Cet ancien caravansérail a été bâti en 1618. Info: www.cityzeum.com/clubcaravanserail




  • D’autres hôtels aménagés dans des caravansérails existent à Lara et à Bodrum.




  • Jusqu’au mois d’octobre, Air Transat assure un vol direct hebdomadaire au départ de Montréal vers Istanbul. À l’aller (dimanche), le vol dure environ 9 heures, et au retour (lundi), environ 10 heures.




  • Le visa nécessaire (60$US) pour entrer en Turquie est délivré instantanément à l’arrivée à Istanbul.




  • Vacances Transat et Rêvatours, filiales du Groupe Transat, proposent diverses formules pour découvrir la Turquie. Rêvatours est organisé pour planifier des séjours sur mesure. Il suffit de consulter un agent de voyages. Info:
    www.transatholidays.com
    www.revatours.com



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