Voyages hors des sentiers battus

mercredi 28 décembre 2011

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Senegal - Safari dans le parc du Djoudj
© Courtoisies
Un envol de flamants roses au parc du Djoudj.
À bord du Bou el Mogdad, fleuve Sénégal - Sitôt les machines arrêtées, la longue barge en acier qui sert d’annexe est venue s’aligner sur le navire. Cet après-midi, nous partons en safari dans le parc naturel du Djoudj, l’un des plus importants du genre dans le monde, de par sa population aviaire. Par un étroit chenal au milieu des grandes herbes, nous gagnons l’entrée du parc. Le temps de nous installer dans les embarcations pilotées par les guides officiels du parc, et nous voilà partis pour quelques heures d’observation, avant le coucher du soleil.
Le territoire du parc du Djoudj, immense, se perd dans la zone humide qui caractérise le delta du fleuve Sénégal. L’omniprésence de l’eau en toute saison et la multitude d’îlots font de cet écosystème un habitat privilégié pour les oiseaux.
Zone de migration

Aux nombreuses espèces d’oiseaux sédentaires, s’ajoutent, l’hiver septentrional venu, de nombreuses autres espèces, dont les individus affluent par millions.
Les pélicans blancs sont à demeure sous ces latitudes. Ils viennent couver et élever leurs petits au parc du Djoudj, avant de migrer vers d’autres zones. En cette mi-mai, seules quelques bandes de pélicans blancs sont encore là, et l’incontournable île appelée Nichoir des oiseaux est quasiment vide. Comme trace du séjour de ces dizaines de milliers de pélicans, il ne reste qu’une épaisse couche de guano qui stérilise le terrain.
Une cigogne esseulée, qui a raté le départ vers les terres européennes, se fait remarquer par son vol gracieux. Une colonie d’élégants flamants roses côtoie une bande d’énormes oies de Gambie. Au plus fort de la saison, on peut, paraît-il, recenser jusqu’à 400 espèces dans le parc du Djoudj.
La plus belle visite


Aujourd’hui, c’est la première fois, depuis que je visite le parc, qu’il m’est donné, indépendamment du nombre, d’observer une aussi grande diversité d’oiseaux. C’est une question de saison. Il faudra, un jour, que je revienne plus tôt alors que les espèces migratrices sont présentes en masse.
Il n’empêche que ces quelques heures de safari se sont avérées emballantes, tant le spectacle a été plaisant et diversifié. Toutefois, qu’est un ornithologue novice laissé à lui-même ? Assisté par un bon guide, on découvre un autre plaisir à l’observation.
Durant ce safari, Ansoumana Badji, notre guide attitré à bord du Bou el Mogdad, démontre son érudition, comme il l’a fait tout au long de la croisière. Présent, alternativement, à bord des deux embarcations, il nous instruit non seulement au sujet des espèces d’oiseaux, mais, également, au sujet des habitudes de vie de ceux-ci et l’ensemble de l’écosystème, car le parc du Djoudj n’abrite pas que des oiseaux. Les mammifères et les reptiles y sont également très présents.
L’espèce la plus visible est le phacochère, une sorte de sanglier qui se nourrit d’herbages, mais qui n’hésite pas à se gaver des oeufs tirés du nid des oiseaux. Les phacochères cohabitent étrangement avec les pélicans et les hérons sans que ceux-ci manifestent de panique. La végétation touffue de filaos cache des terriers qui servent d’habitat aux crocodiles. Autre reptile, le varan, une sorte de grand lézard ventru, hante également la rive des îlots.
Autant l’observation a été fructueuse, durant la première partie de notre safari, autant, alors que le vent venait de se lever et qu’approchait le coucher du soleil, au retour, les oiseaux s’étaient déjà éclipsés pour la nuit.
Le paradis des ornithologues
Le Sénégal constitue un paradis, pour les ornithologues. Outre le parc national du Djoudj, le pays comprend plusieurs autres zones propices à l’observation de centaines d’espèces.
Cette richesse ornithologique explique que la Société de biologie de Montréal (SBM) a organisé, il y a quelques années, des voyages d’exploration dans ce pays destiné aux ornithologues amateurs québécois. Sur le littoral nord du Sénégal, se situe donc le parc du Djoudj, immense territoire intégré au delta du fleuve Sénégal.
De plus, non loin de la ville de Saint-Louis, la réserve de la Langue de Barbarie, près de l’embouchure du Sénégal, abrite également d’importantes colonies d’oiseaux.
Dans la partie centrale du littoral, au sud de Dakar, le delta du Sine Saloum, du nom des deux fleuves qui rejoignent, là, l’océan, se caractérise par une infinité de bras de mer appelés bolongs. La multitude d’îles et d’îlots, coiffés de palétuviers, sert de refuge naturel à un grand nombre d’espèces. Des efforts y sont menés, depuis quelques années, pour restaurer la mangrove et, ainsi, préserver l’habitat des oiseaux.
La Casamance, la région tropicale humide située tout au sud du pays, entre la Gambie et la Guinée Bissau, possède également une vaste zone couverte par des bolongs, riches de leur mangrove. Là, aussi, l’observation des oiseaux est aisée dans le parc national de la Basse- Casamance.
Notons aussi l’exceptionnel Domaine de Nianing, un village de vacances en bord de mer, sur la Petite Côte. Loin d’être un club traditionnel, la vision du promoteur en a fait, dès la fin des années 1960, un havre de paix et de verdure.
La présence d’arbres et de plans d’eau sur une centaine d’hectares attire, là, quantité d’espèces d’oiseaux. Pour observer les oiseaux au Domaine de Nianing, il suffit de gagner les marigots, où se déversent les eaux une fois qu’elles sont épurées. En suivant sa passion, l’amateur d’ornithologie peut donc, à travers le Sénégal, garnir son carnet d’observation, tout en découvrant des régions très différentes, tant du point de vue géographique qu’ethnique.

***
Repères
- Le parc ornithologique du Djoudj, classé au Patrimoine mondial par l’UNESCO, se situe à environ 60km de Saint-Louis du Sénégal.
- Situé dans le delta du fleuve Sénégal, à la frontière de la Mauritanie, le parc du Djoudj constitue la troisième réserve ornithologique en importance, dans le monde.
- De novembre à mai, s’y rassemblent des millions d’oiseaux, avec la présence des espèces migratrices qui s’ajoutent aux espèces sédentaires.
- On a recensé au Djoudj plus de 400 espèces d’oiseaux.
- La visite du parc du Djoudj représente l’une des escales sur l’itinéraire du Bou el Mogdad qui effectue des croisières sur le fleuve Sénégal, entre Saint-Louis et Podor, chaque semaine, durant la saison sèche, soit d’octobre à mai.
- Pour loger à Saint-Louis: l’hôtel La Résidence, un établissement de charme, au coeur de la ville coloniale. www.hoteldelaresidence.
- Info sur les croisières du Bou el Mogdad : www.compagniedufleuve.
- Au départ de Saint-Louis, l’agence Sahel Découverte (Africa Travel Group) organise des excursions au parc du Djoudj. www.saheldecouverte.com
- Pour l’instant, le gouvernement du Sénégal n’exige pas de visa pour entrer sur son territoire.
- Au départ de Montréal, Royal Air Maroc assure une liaison régulière avec Dakar via Casablanca.
Info: www.royalairmaroc.com ou consulter un agent de voyages.
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