Voyages hors des sentiers battus

mercredi 28 décembre 2011

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senegal - Sénégal: le delta du Sine-Saloum, patrimoine de l'humanité
© Paul Simier
Promenade à marée basse.
Dans cette vaste zone marécageuse de 5000 km2, les eaux du Sine et du Saloum, et celles de leurs affluents, rencontrent les eaux de l’océan Atlantique. C’est cet exceptionnel écosystème que l’UNESCO a dernièrement classé au répertoire du Patrimoine mondial de l’humanité. Cet immense labyrinthe naturel abrite quelque 200 îles et îlots. Quelques-unes de ces îles sont habitées, reliées à la terre ferme par le seul service de modestes pirogues. La plupart d’entre elles sont occupées par une végétation propre aux eaux saumâtres.
Le delta du Sine-Saloum se caractérise par une multiplicité de milieux, humides certes, mais aussi marins ou estuariens ou lacustres ou palustres, et aussi par les tannes, grandes étendues de terre aride incrustées de sel.
Mangrove et bolongs
Des entrelacs de bras de mer, appelés ici bolongs, parcourent ce labyrinthe de verdure où prédomine la mangrove, un milieu composé d’îlots vaseux où croissent les palétuviers.
Cette espèce végétale est l’une des rares à pouvoir prospérer en milieu saumâtre. Les racines aériennes des palétuviers, qui doivent leur force à leur forme en arceaux, s’accommodent de la fluctuation des eaux au gré des marées, tout comme les huîtres et les moules qui s’y fixent.
Depuis toujours, la population du delta s’est servie à sa guise dans la mangrove pour se procurer du bois pour le foyer, pour produire du charbon de bois ou pour fabriquer des palissades pour leurs propriétés. Depuis quelques années, avec la collaboration d’organismes internationaux, les gens de la région se sont unis pour replanter des centaines de milliers de plants de palétuvier.
Tout en contribuant à fixer le sol, le milieu naturel que constitue la mangrove joue en effet un rôle essentiel comme zone de reproduction pour les poissons et comme habitat pour les oiseaux. Dans le delta du Sine-Saloum, les espèces aviaires abondent, et notamment les échassiers. En période de migration, ce milieu naturel sert également de halte dans le couloir côtier menant plus avant sur le continent.

Tout au nord du Sine-Saloum, aux abords de Joal-Fadiouth, on a créé une zone protégée, tout comme dans la partie sud, près de Toubacouta, on a défini l’aire protégée de Bamboung. Dans cette seconde zone, pour compenser la perte d’emplois provoquée par l’interdiction de pêcher afin de favoriser la reproduction des poissons, on a suscité la création de campements axés sur l’écotourisme.
Écotourisme
La tranquillité des lieux a amené les gens aisés de la capitale à se faire bâtir des résidences secondaires dans les villages qui bordent le delta. Certains ont même choisi de s’établir sur des îlots. Hôtels et campements se sont multipliés ces dernières décennies dans toute la zone du Sine-Saloum. Tous misent évidemment sur des activités de découverte écotouristique.
Ceci prend la forme de balades, forcément en pirogue, qui vous font rayonner dans certaines îles habitées où la population vit à la fois d’agriculture et de pêche. C’est également l’occasion de naviguer dans les bolongs de façon à approcher au mieux les colonies d’oiseaux. Dans tous les villages fréquentés par les touristes, les marchands de souvenirs semblent tous proposer à peu près les mêmes types d’articles.
À Ndangane, cependant, Fatou se distingue en fabriquant elle-même toute une série de sirops et de confitures de fruits locaux, comme la mangue, la papaye ou la pomme d’anacardier (cajou), qu’elle commercialise sous la marque Le Sourire de Sophie.

***
Une île, 5000 habitants, 3 religions
Dans le delta du Sine-Saloum, l’île de Mar Lodj est le symbole de la tolérance qui caractérise le peuple sénégalais, très majoritairement musulman. La population de 5000 habitants de l’île, se répartit en effet entre trois villages et entre trois religions, soit l’islam, le catholicisme et l’animisme. Pour certains, les trois arbres, un rônier, un fromager et un caïlcédrat, intimement imbriqués près de l’église de Mar Lothie, l’un des villages de l’île, symbolise cette bonne entente.
Aux visiteurs, on conseille de se rendre assister à la messe du dimanche qui est ponctuée de chants et superbement rythmée par les tam-tams. Mais, quelle que soit sa religion, chacun continue de croire en certaines pratiques rituelles. C’est notamment le cas du xooy, sur l’île de Mar Lodj. Début juin, lorsqu’approche l’hivernage (saison des pluies), les devins se réunissent pour une cérémonie de divination publique.
Ils doivent se prononcer sur ce que réserve la saison à venir et notamment ce que seront les récoltes. Éventuellement, les devins peuvent alors prescrire des sacrifices pour conjurer le mauvais sort. Un autre signe de l’ancrage des croyances ancestrales est fourni au village de Simal, sur la presqu’île du même nom, où des gens accourent de partout pour participer à des cérémonies de purification. Le guérisseur intervient en leur faveur moyennant une somme d’argent et un coq rouge destiné à être sacrifié.
À Djiffer, à l’embouchure d’un bras du Saloum, l’île de Sangomar, inhabitée, est considérée comme sacrée. Les habitants des environs s’y rendent afin d’honorer leurs ancêtres en procédant à des sacrifices. Avec la Casamance, située à l’extrême sud du Sénégal, le Sine-Saloum est la région du Sénégal où l’animisme demeure très vivace. Mais on dit aussi que le pays compte 95 % de musulmans, 5% de chrétiens et 100% d’animistes… (D’après le Géoguide Sénégal, éditions Gallimard)

Repères
- Le delta du Sine-Saloum, dont une partie possédait déjà le statut de parc national et de Réserve mondiale de la biosphère, a tout récemment été classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.
- Le Sine-Saloum est membre du club des plus belles baies du monde (29 baies dans 23 pays).
- Le village de Ndangane, à l’entrée du Sine-Saloum, se situe à 130km au sud de Dakar. Deux voies y mènent: la route via Ndiosome, la piste côtière en côtoyant les baobabs via Joal-Fadiouth.
- Du côté de Tabacouta, au sud du Sine-Saloum, et d’autre part du côté de Joal-Fadiouth, au nord, on a créé deux aires protégées. - Une adresse sympathique à Ndangane: l’hôtel- restaurant Les Cordons bleus (dont le nom vient d’une espèce d’oiseau). L’hôtel possède sa propre embarcation pour des randonnées guidées.
Info: www.lescordonsbleus. com
- Pour loger à Dakar, dans un quartier calme non loin de l’aéroport, le Lodge des Almadies, 3 étoiles. Info: www.lodgedesalmadies. com
- Au départ de Montréal, Royal Air Maroc assure une liaison régulière avec Dakar via Casablanca. Le départ du vol vers Dakar ayant lieu en soirée, la RAM offre la chambre et la pension complète à l’hôtel situé près de l’aéroport. Info: : www.royalairmaroc. com ou consulter un agent de voyages.
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