Voyages hors des sentiers battus

dimanche 1 janvier 2012

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espagne - Espagne - Sur les chemins de Compostelle
Au loin, la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, Espagne
Inscrit depuis 1998 au Patrimoine mondial de l’Unesco, Saint-Jacques-de-Compostelle est l’un des trois plus grands centres de pèlerinage de la chrétienté, après Jérusalem et Rome. Les chemins de Compostelle, qui sont parcourus depuis le VIIe siècle par les pèlerins (on en recense des milliers chaque année), recèlent des trésors d’architecture et des paysages à couper le souffle. Le but du périple: la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice (Espagne), où seraient conservées les reliques de l’apôtre saint Jacques.
Si beaucoup s’y rendent pour effectuer un voyage intérieur, d’autres cherchent surtout à dépasser leurs limites physiques et à se mesurer à une nature grandiose. Pour Nicole Dion, Compostelle a été la réalisation d’un rêve, une incitation profonde à modifier son style de vie et le début d’une nouvelle aventure comme accompagnatrice de voyage.
Nicole, comment êtes-vous devenue accompagnatrice sur les chemins de Compostelle?
J’avais déjà entendu parler de Compostelle, mais c’est le comédien Marcel Lebœuf qui m’a donné la piqûre. Après avoir assisté à l’une de ses conférences, je l’ai invité à une émission de radio que j’animais et j’ai été touchée par la «Passion selon Marcel». Un peu plus tard, Odette Métayer, de Groupe Voyages Québec, à qui je racontais mon entretien, m’a proposé d’accompagner un groupe pour son agence.
Quelle a été votre réaction?
C’était une invitation que je ne pouvais refuser... J’ai dû travailler fort pour être à la hauteur de cette «mission». J’ai lu tout ce qui me tombait sous la main, j’ai assisté à des rencontres et à des formations offertes par l'Association du Québec à Compostelle. Enfin, je me suis inscrite à un gym et j’ai commencé à faire de la marche deux ou trois fois par semaine. Au début, je ne tenais que de 30 à 40 minutes. Progressivement, j’en suis arrivée à marcher de 1 h 30 à 2 heures, parfois plus longtemps.
Faut-il être en grande forme pour entreprendre cette expédition?
La formule que nous offrons est particulière. Les pèlerins qui parcourent la totalité du trajet partent pour plusieurs semaines, avec tous leurs effets dans un sac à dos et dorment dans des auberges. Pour nous, il s’agit d’une excursion de deux semaines; les participants sont encadrés par un guide et une accompagnatrice. Ils sont logés dans des hôtels confortables et mangent au restaurant. Leurs bagages sont transportés par un car. Ils ne portent donc qu’un sac à dos ou un sac pouvant contenir un peu de nourriture et quelques vêtements de rechange.
Nous effectuons quotidiennement deux portions de marche. Chacune comporte de 10 à 15 km, pour un total de 20 à 25 km par jour. Les voyageurs ont la possibilité de couvrir ces deux segments, de n’en faire qu’un seul ou de ne pas marcher du tout. Dans ce dernier cas, ils effectuent des visites touristiques avec le guide. Ainsi, tout le monde est à même de prendre part au voyage.
Ce pèlerinage est-il effectué pour les mêmes raisons qu’autrefois?
La route de Compostelle est tracée depuis plus de 1 000 ans. Il est clair qu’au XIe et au XIIe siècle, la religion étant omniprésente, les pèlerins faisaient le camino comme une prière. Aujourd’hui, cette route est une quête; on y part à la recherche de nouveaux sentiers de vie; on l’emprunte pour témoigner de la chance qu’on a de vivre. C’est un cheminement très intérieur. Quand on marche seul pendant des heures, il ne peut en être autrement. Le pèlerin ne fait pas le chemin, c’est le chemin qui fait le pèlerin, dit-on. Cet adage rend bien compte de ce que nous avons vécu.
Comment avez-vous aimé votre première expérience?
Il s’est tout de suite installé une belle synergie dans le groupe, et j’ai eu beaucoup de mal à revenir à ma réalité à la fin du périple. Et j’ai adoré les Pyrénées. Quel plaisir de marcher à côté des moutons ou de se retrouver carrément au-dessus des nuages! C’est parfois difficile, mais tellement gratifiant!
Est-il vrai que Compostelle peut bouleverser notre vie?
Si chacun se lance dans cette aventure pour des raisons différentes, personne n’y demeure indifférent. Quoi qu’il en soit, le chemin ne s’arrête pas à notre retour, il se poursuit en nous. Compostelle est une leçon d’humilité, car tout le monde y est sur un pied d’égalité. Les petits inconvénients, les ampoules aux pieds, les crampes dans les jambes, la fatigue, tout cela nous ramène à une réalité très humaine et nous oblige à nous arrêter, à réfléchir et à réajuster notre pas et notre façon de voir le sentier devant nous.
Est-ce accessible à tous?
Il y a autant de façons de faire Compostelle que de gens qui s’y retrouvent. L’important, c’est de bien se préparer, d’y aller à son rythme et de ne pas essayer d’accomplir une performance sportive.
Quelle partie de la route empruntez-vous?
Nous partons de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans le Pays basque, et nous nous rendons jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne.
C’est votre troisième voyage. Vous ne semblez pas vous lasser.
Tous ceux que j’ai croisés ou accompagnés sur le chemin de Compostelle ne songent qu’à y retourner. Je suis comme eux. Il y a tellement de beaux paysages que j’ai l’impression que mes yeux n’ont pu tout capter. Et puis, je m’occuperai d’un nouveau groupe, et je sais qu’être témoin de leurs découvertes me procurera une joie incroyable.
Nicole Dion accompagnera de nouveau un groupe sur les chemins de Compostelle, du 7 au 22 octobre 2006.
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