Voyages hors des sentiers battus

dimanche 1 janvier 2012

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mongolie - Incomparable Mongolie
Yourte et coucher de soleil dans le désert de Gobi
Dans les espaces infinis de la Mongolie, la vie des peuples nomades est régie par de nombreux codes qui perpétuent un mode de vie millénaire. Issus de la religion, de la superstition ou de légendes, ces derniers sont à l’origine des nombreux chocs culturels que réserve ce pays de superlatifs.
Avec ses paysages grandioses, son ciel éternellement bleu et son climat extrême, la Mongolie occupe un territoire qui équivaut aux deux tiers du Québec. On n’y compte pourtant que trois millions d’habitants, ce qui en fait le pays à la plus faible densité de population au monde.
Ajoutons à cela qu’il est le plus élevé, avec une altitude moyenne de 1500 mètres, et le plus grand à n’offrir aucun accès à la mer. Son désert, le désert de Gobi, est le plus grand d'Asie et sa température moyenne de -4 degrés Celcius a valu à Oulan-Bator («Ulaanbaatar» en mongol) d’être déclarée la capitale la plus froide du monde, mais également la plus ensoleillée (270 jours de soleil).
Coincée entre la Russie et la Chine, qui lorgnent ses terres inhabitées et son sous-sol riche en or, en pétrole et en gaz, la Mongolie souffre d'un cruel manque d'infrastructures et ses routes ne sont souvent que des pistes que l’on ne peut franchir qu’en jeep, à cheval ou à pied. Il faut donc envisager, si l’on s’éloigne de la capitale, de partager le quotidien des nomades et leur mode de vie millénaire.
Pour atténuer le choc culturel, le visiteur a tout intérêt à s’offrir un arrêt de quelques jours à Oulan-Bator, à trouver un guide parlant sa langue et à choisir des excursions correspondant à ses envies de dépaysement et d’aventures. C’est ce que nous avons fait.
Une ville encombrée
Se faufilant entre les voitures japonaises, les autobus, les vaches et les chèvres errantes, notre taxi a fait son entrée dans Oulan-Bator. Après les hautes palissades cachant les quartiers de yourtes qui l’encerclent, on découvre une ville moderne et vibrante dotée de larges avenues, de hauts immeubles d’habitation datant de l’époque stalinienne, de grands hôtels, d’excellents restaurants et de boutiques vendant du Dior, du Gucci et du Yves Saint-Laurent.
Centre politique, économique, industriel, scientifique et culturel du pays, on y offre des spectacles comme la fascinante «Soirée Torgo» où un designer recrée des vêtements modernes en s’inspirant des costumes traditionnels, en alternance avec d’envoûtants chants de gorge, avec la plainte lancinante du violon à tête de cheval («Morin Khuur») et de danses sacrées.
Sur la place Sükhbaatar où se dresse une énorme statue en bronze du guerrier sanguinaire Genghis Khan qui, au XIIe siècle, avait fait de la Mongolie le plus vaste empire du monde, on trouve le Musée national d’histoire mongole. On peut y découvrir l’âme de ce peuple, dont 800 000 habitants mènent toujours la même existence que leurs ancêtres, n’ayant pour tout bien que leur yourte et leur troupeau de chevaux, de yaks, de moutons ou de chèvres.
Les Mongols étant très croyants, de nombreux monastères parsèment le territoire, dont le plus impressionnant est le monastère bouddhiste tibétain de Gandan. Ses nombreux temples, ornés d'or et de pierres précieuses, furent épargnés par les communistes, désireux d’impressionner leurs visiteurs. Aujourd'hui, il résonne à nouveau des chants et des prières des 150 moines qui y vivent.
Après ces visites, on se sent fin prêt à s’enfoncer dans les espaces infinis de ce territoire, l’une des dernières terres vierges de la planète, pour partir à la rencontre de l’âme nomade.
Un mode de vie millénaire
Après avoir roulé pendant une heure, s’être fait couper la route par un troupeau de chèvres et avoir fait un arrêt devant un monticule de pierres orné de rubans bleus (nommé «ovoo») pour implorer la chance, on pénètre dans le Parc national de Gorkhi-Terelj. Muets devant ses paysages à couper le souffle, on admire les cavaliers, parfois des enfants, qui chevauchent les petits chevaux mongols. De nombreuses activités d’aventures telles que le rafting, l'équitation, la randonnée, le ski, l’escalade, le camping et le vélo de montagne ont lieu dans ce secteur.
C’est aussi là qu’une famille de nomades a accepté d’accueillir notre petit groupe. Avant de nous laisser entrer dans la yourte, Urna, notre guide dresse une liste impressionnante de consignes à respecter : ne jamais marcher sur le seuil de la yourte, circuler dans le sens des aiguilles d’une montre, ne jamais s’appuyer au support central, ne pas enlever son chapeau ni retrousser ses manches, ni pointer du doigt. S’ils nous semblent cocasses, ces rituels issus de traditions millénaires se doivent d’être respectés afin que se noue le contact avec ces gens simples, chaleureux et très accueillants.
En signe de bienvenue, l’hôtesse tend à chacun un grand bol d’airag. Petite hésitation… C’est que cette boisson faite de lait de jument caillé et fermenté n’a rien de bien appétissant, d’autant plus qu’elle est demeurée depuis on ne sait combien de temps à la température du lieu (45 degrés Celcius ce jour-là…) dans une grande chaudière au coin de la yourte. Refuser ce breuvage, riche en vitamines, protéines et hydrates de carbone, qui a une grande importance dans l’alimentation des Mongols, particulièrement durant les longs mois d’hiver, serait un affront. Chacun prend donc son bol de la main droite, y plonge les lèvres, esquisse un sourire et… l’abandonne!
Après l’airag, l’hôtesse propose quelques biscuits, un peu de fromage et accepte de répondre à quelques questions. Elle nous explique sa fierté d’avoir quatre fils : deux professeurs et un médecin. Mais celui qui la comble vraiment est… nomade.
Elle explique aussi que les petits chevaux attachés à l’extérieur sont au « garage » (sellés et prêts à galoper au quart de tour), que les femmes voient à la traite des animaux, font le ménage et la cuisine, que les enfants s’occupent des animaux et que les hommes se baladent à cheval, rassemblent les troupeaux ou font la sieste.
Quand l’un de nous se mouche et remet le mouchoir dans ses poches, la vieille dame au visage buriné demande à Urna: «Pourquoi remet-il dans sa poche ce qui lui est sorti du nez?» Et quand l’une d’entre nous manifeste le désir d’aller aux toilettes, on apprend qu’il faut plutôt demander pour «aller voir les chevaux» et que c’est effectivement près de ces derniers qu’il faut se soulager en plein air.
Puis nous avons droit à un «Mini-Naadam», une version abrégée d’un événement annuel qui a lieu chaque année le 11 juillet et vers lequel convergent tous les nomades de la Mongolie. Il s’agit d’un festival sportif au cours duquel les champions s’affrontent à la lutte, au tir à l’arc ou à la course de chevaux. Si certains accueillent les touristes pour une visite, d’autres offrent des séjours prolongés. Alors que des quartiers de yourtes touristiques donnent l’illusion de ce mode de vie tout en offrant un meilleur confort, il existe également un magnifique hôtel, le Mongolia, sur les bords de la rivière Tuul, à environ 20 km à l’est du centre-ville d’Oulan-Bator. Ce complexe de 108 chambres permet de dormir dans une yourte ou dans un «hutong» (petite maison des vieux quartiers chinois) et offre tout le confort moderne, dont un excellent restaurant à l’allure de temple ancien.
En revenant de cette fascinante aventure, enveloppé du cachemire qu’on n’a pas manqué de rapporter, on se dit que la Mongolie nous a rendus beaucoup plus riches qu’au départ.

***
QUELQUES REPÈRES 1. On s’y rend de mai à octobre. Pour le désert de Gobi, on choisit septembre ou octobre. Éviter la mi-octobre et la mi-mai, alors que le gel et les tempêtes de neige peuvent immobiliser le pays.
2. De novembre à février, la température moyenne est de -40 degrés Celsius et en été elle peut atteindre 40 degrés. On dit qu’il est possible, en une seule journée, de voir défiler les quatre saisons.
3. Un visa est obligatoire. On l’obtient facilement si le séjour n'excède pas 30 jours. Pour une durée plus longue, il faut une invitation.
4. Des vaccins sont nécessaires.
5. La langue officielle est le mongol. L’écriture est cyrillique. On trouve des interprètes qui parlent très bien le français et l’anglais.
6. La monnaie est le tugrik. Au moment de notre visite, il fallait 1300 tugriks pour 1$ US.
7. Pour des vols vers Oulan-Bator/Ulaanbaatar: www.staralliance.com
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