Voyages hors des sentiers battus

dimanche 1 janvier 2012

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mongolie - Le pays mongol
© Michel Ménard
Ces fourgonnettes indestructibles sont idéales sur les routes mongoles.
Lorsqu’on évoque la Mongolie, plusieurs ont en tête les images de chevaux, de cavaliers ou bien les épopées de Genkhis Khan. Si ces repères sont encore bien présents, la Mongolie est néanmoins complètement déroutante et surpasse toutes nos références. Il y a près de 800 ans, les Mongols de Genkhis Khan ont érigé le plus grand empire ayant jamais existé. À son apogée, la Mongolie couvrait l’actuelle Chine, une partie de l’Asie du Sud-Est, la Corée, le nord de l’Inde, la Perse, la Russie, et l’Europe jusqu’au Danube: un immense territoire conquis par une armée de 30 000 cavaliers seulement. Aujourd’hui, la Mongolie a une superficie équivalente au Québec, mais son territoire reste vaste pour ses deux millions d’habitants, dont le cinquième est toujours nomade.
Je suis arrivé en Mongolie au début septembre par le Transsibérien, avec très peu d’images du pays en tête et aucune attente précise. La voie du train traversait le pays et un ami m’en avait parlé en bien, mais à peine pour me dire que je ne le regretterais pas. Je ne l’ai pas regretté.
Aller voir ailleurs
Malgré l’attrait que peut susciter la capitale Ulaan Bataar (UB) avec son ambiance décontractée et son influence «tibéto-soviéto-occidento-asiatique», le plus grand intérêt de la Mongolie pour nous, voyageurs, est ailleurs. Il réside partout hors de UB, dans les vastes étendues de ce pays aux distances d’autant plus grandes que le système routier est, à toutes fins pratiques, inexistant.
Il existe néanmoins quelques façons de se déplacer pour visiter les autres régions mongoles. Les lignes aériennes et les minibus (des fourgonnettes surchargées) relient les différentes « capitales » des provinces. À destination, il faut toutefois se trouver un chauffeur et louer une fourgonnette ou une Jeep si on veut découvrir les environs au cours d’excursions d’une ou deux journées.
L’autre façon de faire consiste à louer une fourgonnette directement à UB, ce qui permet une plus grande flexibilité dans le déplacement. Si on souhaite partager les frais de location et d’essence, on peut louer la fourgonnette avec d’autres voyageurs dont l’itinéraire est analogue. C’est l’option que j’ai choisie.
La route? Quelle route?
En louant une fourgonnette, on loue du même coup les services d’un conducteur. Ce n’est pas pour rien. Il n’y a que 9 000 kilomètres de routes asphaltées et pratiquement aucun panneau routier. Partout ailleurs, on n’y trouve que des traces de chemins en terre battue, laissés dans l’herbe par les véhicules précédents. Elles se divisent parfois en plusieurs dizaines de branches, au gré des choix faits par les autres chauffeurs. En Mongolie, même les routes sont nomades.
Le conducteur s’oriente par habitude, en se référant au paysage et, parfois, en interrogeant d’autres Mongols rencontrés sur la route. Les conducteurs mongols sont de véritables artistes de la route… ou plutôt de la non-route. Aamaa, notre artiste attitré, s’est avéré être un excellent chauffeur, en plus d’être un très bon guide. Il est même devenu un ami.
Le talent du pilote ne se mesure pas seulement à sa conduite mais aussi à ses compétences mécaniques. Les routes sont dans un tel état que les vibrations sont constantes et les réparations fréquentes. Plus les jours passent, plus les arrêts se multiplient, parce que ces vibrations incessantes finissent par desserrer les pièces. À un point tel que j’ai vu à trois ou quatre reprises Aamaa resserrer les boulons des roues, par prévention.
Ces arrêts font tout de même partie du voyage. On en profite pour se dégourdir les jambes, admirer le paysage et se dépoussiérer les poumons. Pour toutes ces raisons, il faut compter trois heures par 100 kilomètres de route. Et le pays est vaste!


Le pays mongol (suite)
Perdre ses repères
L’échelle temps-distance n’est pas la seule à être chambardée. Le paysage s’amuse aussi à déjouer nos perceptions et nos sens. Par exemple, l’absence d’arbres et d’habitations dans la moitié sud du pays élimine tout point de repère. La colline, qui semble tout près, s’avère en fait une montagne éloignée, et la pente douce que l’on veut gravir jouera un vilain tour aux mollets. On ne sait jamais si le point qu’on fixe est à 30 minutes ou à une heure et demie de marche. L’ouïe s’en trouve également perturbée. Plongé au cœur de ces grands espaces vides, j’ai expérimenté un silence parfait. Je connaissais le noir parfait, mais son équivalent sonore, non. Même si on se bouche les oreilles, on aura toujours cet effet « coquillage » qui nous fait comprendre que quelque chose obstrue notre tympan. Ce que j’ai entendu là-bas, c’est une absence totale de son. Aucun vent, aucun oiseau, pas même un bruissement d’herbe. Rien. Si bien qu’après 15 secondes, j’ai claqué des doigts pour me rassurer. L’expérience est saisissante.
Un monde à part
Tout, dans ce pays, contribue à nous étonner. Malgré les courtes distances parcourues par jour (200-300 kilomètres), le paysage du désert de Gobi change constamment. Aux plaines herbeuses entourées de douces collines succèdent des falaises rouges où couraient jadis les dinosaures. Puis, on découvre une vallée aux montagnes rocheuses nues et déchiquetées. Ensuite, c’est le sable et cet incroyable mur de dunes, les Khongor Els, qui s’étend sur 180 kilomètres de long par seulement deux kilomètres de large. Il faut compter un bon 45 minutes de grimpe pour en atteindre le sommet. Là-bas, il fait chaud et le ciel est d’un bleu profond, comme pour nous rappeler que le pays entier est en altitude. Deux jours plus tard, on se retrouve dans une vallée, en pleine tempête de neige, à pelleter devant la fourgonnette et à la pousser pour la déloger de la neige. Décidément!
Outre le décor naturel, j’ai de nombreux souvenirs de mon expérience mongole. L’accueil sincère des gens rencontrés, les moments passés en compagnie de familles nomades et l’exotisme de la cuisine mongole – notamment une dégustation de viande de marmotte chassée et cuisinée par Aamma – font partie des précieux moments du voyage.
Enfin, cet autre instant très particulier où je me suis retrouvé à accompagner à la cuillère un Suisse qui jouait de l’accordéon, pendant qu’un Coréen jonglait devant une famille nomade, au milieu de nulle part. Des histoires mémorables comme celles-ci, j’en ai plusieurs… pourtant, je n’y ai voyagé que trois semaines.

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